La position des Editions Prolétariennes sur les élections régionales des 14 et 21 mars 2010 :

 

Classe contre classe !

Face à la droite et à la pseudo « gauche » : abstention !

 

La crise n’est pas terminée.
La crise financière nous avait laissé le spectacle des requins de la finance s’entredéchirant avant d’engloutir la manne financière des Etats occidentaux.
A présent les Etats impérialistes lourdement endettés rejouent entre eux le même scenario de gangsters se disputant le butin, afin de sauver les profits de leurs monopoles respectifs.
Ainsi les USA essaient de sortir la tête de l’eau en enfonçant leurs amis européens, l’improbable couple franco-allemand, lequel pèse de tous son poids sur les épaules du Portugal, de la Grèce et de l’Irlande.
Et tout ce beau monde applaudit à tout rompre la baisse exemplaire des salaires décidée par les socialistes grecs.

 

Les masses populaires s’appauvrissent
En France le chômage officiel atteint le record historique de dix millions. Seuls les emplois intérimaires augmentent, c’est-à-dire la précarisation puisque ce furent les premiers à être supprimés en 2009.
Les catégories intermédiaires voient désormais leur statut se dégrader sans le moindre espoir de rebondir. Elles qui souhaitaient échapper au sort de la classe ouvrière risquent de tomber encore plus bas. Certains ne voient plus d’autre issue que le suicide.
C’est le cas de nombreux paysans dont le sort est déjà arrêté par l’industrie agroalimentaire et les grands propriétaires, tandis que l’économie mondiale n’autorise plus le protectionnisme dont jouissait l’agriculture française jusqu’aux dernières décennies.
La consommation des ménages est ainsi tellement menacée par le spectre du licenciement et de la paupérisation que la crise économique risque fort de se poursuivre et de s’aggraver, contrairement aux assurances de Lagarde, régulièrement démenties par les faits.

 

Droite et socialistes la main dans la main au service de la bourgeoisie
Mais la grande bourgeoisie s’en moque éperdument et ne songe qu’à revenir à ses niveaux antérieurs de profitabilité et les dépasser, en délocalisant, en réduisant les effectifs et en augmentant la productivité, en volant aux ouvriers et aux employés leurs cotisations de retraite, d’assurance maladie et de chômage sous couvert de diminuer les charges patronales, et en exploitant leur force de travail jusqu’à la dernière heure.
Les socialistes et l’UMP se battent comme des chiffonniers mais collaborent loyalement au service de l’Etat capitaliste.
Leur haine fraternelle et leur complicité dans tous les mauvais coups antipopulaires s’étale avec tant d’indécence que l’immense majorité de la population les rejette avec dégoût dans une même détestation et ne vote l’un que pour punir l’autre, ou bien s’abstient.

 

Le Front de Gauche trahit les espoirs populaires
A la tête du Front de Gauche, le Parti « Communiste » Français se mêle aux cortèges de protestation et aux calicots des grévistes. Il prétend que sa présence dans les administrations locales ferait pression sur le PS, adoucirait le sort du peuple, et appelle ouvertement dans les bulletins des fédérations syndicales à « battre la droite ».
Mais en définitive le P«C»F préconise le « vote utile », l’union avec les socialos c’est-à-dire avec les gérants du capitalisme. Il poursuit la politique d’Union de la Gauche, qui a bâillonné les luttes sociales de 1981 jusqu’à la cohabitation, tandis que les salaires étaient bloqués et que les profits s’envolaient.
La ligne politique du P«C»F, c’est le révisionnisme : la trahison des principes marxistes-léninistes, et l’abandon des intérêts matériels de la classe ouvrière et du peuple.
 
Peut-on espérer quelque résultat pratique d’une région « à gauche » pour les masses populaires ?
Peut-on croire que les collectivités locales constitueraient des îlots d’opposition « de gauche » à l’Etat capitaliste ? Il n’en est rien.
Dans son bulletin sur les régionales, Lutte Ouvrière indique par exemple que la région Poitou Charentes a poursuivi les subventions à New Fabris durant le plan de licenciement de 366 emplois.
Heuliez dans les Deux Sèvres a touché des dizaines de millions d’euros de la région tout en supprimant 400 emplois
En Basse-Normandie, « l’ancien Conseil de droite avait décidé de subventionner le chantier de Philips, devenue NXP, à Colombelles (Calvados), ainsi que le pôle sur les « transactions sécurisées», autour d’Oberthur Card System. Le nouveau Conseil, de gauche, a assumé ces chantiers, alors que NXP a continué de licencier ses ouvriers, et qu’Oberthur a fermé l’usine de Caen. »
 
Comment prétendre dans ce cas se battre pour « la création d’un fonds régional pour l’emploi et la formation conditionné à des critères sociaux et environnementaux et l’arrêt de tout financement aux entreprises qui licencient et font des profits » ? »
Si c’est pour se lamenter sur les mensonges des préfectures et la rapacité des banques au moment où les salariés finissent au pôle emploi, ce ne sont que des bavardages électoralistes !
 
En fait la lutte pour les « synergies industrielles » préconisée par le PS et le P«C»F aboutit à laisser intacts les profits capitalistes ou à les renflouer, à subventionner les plans de licenciements aux frais des salariés contribuables.

 

Classe contre classe.
Les élections régionales ne présentent aucun intérêt pour le peuple et aucune amélioration matérielle ne pourra en sortir.
L’expérience récente montre encore une fois que seule la lutte déterminée, l’occupation des usines, la séquestration des cadres dirigeants et surtout l’unité sans faille inquiètent les capitalistes et permettent d’obtenir des résultats significatifs.
Les paysans ruinés, les techniciens et les employés des bureaux et du commerce ont tout intérêt à se joindre à la classe ouvrière et à lutter avec elle contre les monopoles capitalistes.
Seule la lutte classe contre classe est prise au sérieux par la bourgeoisie et l’amène à faire des concessions, par crainte d’une contagion irrémédiable.

Face à la droite et à la pseudo « gauche » : abstention !

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